J’ai grandi à Clermont. J’y ai passé mon enfance, mes années collège et lycée, et une chose m’a toujours un peu dérangée à propos de cette ville. L’impression d’avoir grandi dans un endroit qui n’avait pas grand chose à offrir côté culture.
Bien sûr, je ne crache pas sur ma ville, j’aime cet endroit, le coin est sympa, la ville a son propre charme et son ambiance tranquille. Mais justement, ça fait longtemps que la ville se contente de ce qu’elle est, sans vraiment chercher à proposer plus à ceux qui y vivent.
Il faut systématiquement trouver un moyen de se déplacer (en bus ou en voiture) pour s’ouvrir à la culture, et c’est là qu’est le problème. Il faut se rendre dans des villes assez éloignées pour voir un film qui ne soit pas un blockbuster, ou même pour aller voir une exposition un tant soit peu aboutie. Aujourd’hui, le budget culturel de la ville tourne autour de 800 000 euros par an. Ça peut sembler correct sur le papier, jusqu’à ce qu’on le compare avec les voisins. Beauvais, à une trentaine de kilomètres, consacre 1,2 million d’euros à sa culture. Senlis fait de même. Ces villes ne sont pas des métropoles, elles n’ont pas des ressources infiniment supérieures aux nôtres. Ces villes ont simplement fait le choix de s’ouvrir à la culture. Clermont, lui, n’a pas fait ce choix. Ce choix de la ville renvoie un message assez dur à sa population, et surtout à ses jeunes : la culture n’est pas une priorité. On peut se contenter du strict minimum. La culture n’a pas sa place dans la ville.
C’est pour ça que nous avons décidé de créer cette association. Pour amener la culture dans cette ville qui n’y accorde que trop peu d’importance.
– Ilan CALMETTE, membre de l’association « Au Croisement de la Culture ».