La culture ne s’arrête pas aux portes des grandes villes. Et pourtant, pour des milliers de jeunes qui grandissent à Clermont elle s’arrête souvent là. Pas parce qu’ils n’en veulent pas. Parce que personne ne leur propose.
Le Croisement des Cultures est né de ce constat, et d’une conviction simple : une histoire racontée depuis Lagos, Séoul ou Bogotá mérite autant d’être entendue qu’une histoire racontée depuis Paris. Pas comme curiosité exotique. Comme récit à part entière, avec ses auteurs, ses images, ses voix propres.
Nous sommes un collectif de jeunes actifs implantés à Clermont, dans l’Oise. Chaque trimestre, nous choisissons un pays. Pendant trois mois, ce pays est au centre de tout : un film projeté en séance publique, un livre lu et discuté en club, une table ronde avec ceux qui veulent pousser plus loin. Le tout gratuit, sans inscription, ouvert à qui veut venir. Notre site web prolonge cette démarche en ligne pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer.
Notre public prioritaire, ce sont les enfants, les adolescents et les jeunes adultes des milieux populaires, ceux que les offres culturelles institutionnelles atteignent le moins, et pour qui l’absence de proposition n’est pas un choix mais une évidence qu’on finit par ne plus questionner.
La désertification culturelle des territoires ruraux est documentée et s’accélère. Dans l’Oise, où plus de 40 % de la population vit hors des zones urbaines denses, l’offre reste structurellement concentrée dans les pôles urbains. Ce que ça produit, ce n’est pas seulement un manque de cinémas ou de médiathèques. C’est un rétrécissement progressif du champ des possibles pour ceux qui y grandissent : moins de références, moins de rencontres, moins d’espaces pour se demander ce que le reste du monde pense, fait, raconte. L’association n’est pas là pour « combler un retard ». Elle est là pour affirmer qu’il n’y a pas de hiérarchie entre les territoires ni entre les cultures.
Notre modèle repose sur trois partis pris que peu d’acteurs culturels institutionnels peuvent tenir simultanément. La gratuité totale d’abord : aucun événement payant, aucune adhésion obligatoire. L’ancrage local ensuite : on s’installe là où les autres ne vont pas, dans des villes moyennes rurales où l’offre associative culturelle est quasi inexistante. Et la co-construction avec les jeunes enfin : les contenus produits vidéos, comptes-rendus de lecture, débats partent de leurs mots, pas des nôtres.
Le Conseil départemental de l’Oise a fait de l’égalité des chances territoriale l’un de ses axes stratégiques 2022–2028. Le Croisement des Cultures s’inscrit directement dans cette orientation, et le fait à un coût marginal pour la collectivité. Un soutien départemental nous permettrait de financer les droits de diffusion des films pour tenir notre programmation sur la durée, de disposer d’un local fixe à Clermont pour ancrer notre présence et développer nos partenariats locaux, d’accéder au réseau des bibliothèques départementales pour enrichir le club de lecture, et de structurer notre équipe bénévole à travers le dispositif Service Civique.
Nous sollicitons une subvention de fonctionnement annuelle de 4 500 euros pour l’exercice 2025–2026, ainsi qu’un partenariat de mise en réseau avec les structures associatives et culturelles du département. Cette somme couvrirait les droits de diffusion, les supports de communication locale et la maintenance du site web. Pas les ressources humaines nous fonctionnons entièrement sur la base du bénévolat, et entendons continuer.
Nous ne demandons pas à être pris en charge. Nous demandons à être soutenus le temps de prouver que ce projet tient debout parce qu’il tient déjà.